KUNGA DREULCHOK

Kunga Dreulchok, aussi nommé Losel Gyamtso,

Protecteur Bienveillant, Héros Accompli et Maître Glorieux,

fut instruit Directement par la Dame de Sagesse Niguma

et devint ainsi l'Héritier de la Lignée très rRcente.

Parmi la guirlande des Chants qui incitent à la pratique

des enseignements de Niguma, voici Celui qui en décrit la Source:

 

 

SHRI VAJRADHARA SADHUPADAPRANAMAYAM.

 

Au Firmament de la Noble Lignée Kagyu,

Nos Ancêtres, les Maîtres Accomplis, abondent autant que les étoiles.

Le Soleil et la Lune resplendissants qui se meuvent dans l'Espace Infini,

Qui sont-ils, si ce n'est Naropa et Niguma?

 

Cette Fratrie est la Source d'où s'écoule

Le Fleuve des Lignées de la Pratique;

Il apporte jusqu'à nous les eaux bienfaisantes

Qui désaltèrent l'Esprit Assoiffé des Disciples Fortunés.

Qu'est-il, si ce n'est l'enseignement de Naropa et de Niguma ?

 

Chacune des Deux Traditions est préservée par un Noble Maître,

Glorieux et Incomparable Corps d'Emanation,

Unique Couronne de nombreux Maîtres Réalisés.

Ce sont les Deux Lignées Kagyupas: Dakpo et Shangpa.

 

Ce que Tilopa et Naropa commencèrent dans le passé

Fut préservé par Marpa et Milarépa.

Les leçons profondes et essentielles des Six Doctrines de Naropa

Ont engendré d'innombrables Méditants Accomplis

Qui font preuve d'une Réalisation Evidente.

 

Mais, à présent, vendus comme du lait au marché,

Les mots de Naropa ne sont plus que bavardages de fou.

Des esprits ordinaires ont élaboré des significations contradictoires

Et mon esprit reste sur sa faim.

 

La Quintessence des Secrets de la Sœur Dame de l'Espace

S'exprime en des Mots sans artifices, scellés par un Nœud Vajra.

Leur sens, la Nature Même de la Réalité, est descendu jusqu'à mon Cœur,

Vivifiant ainsi le cheminement heureux de ce mendiant vers la Libération.

 

Si vous avez l'intention de me suivre,

Ne prenez pas une tension douloureuse pour de la méditation

Et ne surchargez pas la pratique que vous faites.

Chantez cette Mélodie Sereine des Conseils de Mon Cœur.

 

Il est dit que le Maître est la Racine des Accomplissements,

Il est dit que le Maître est le Bouddha Incarné,

Il est dit qu'il faut considérer tout ce qu'il Fait comme Parfait.

C'est joliment dit, mais ce ne sont que des mots.

Peu m'importe que j'atteigne ou non l'accomplissement,

Peu m'importe que le Maître soit un Bouddha ou un être ordinaire,

Peu m'importe que ses actes soient positifs ou négatifs:

Je n'ai pas le moindre atome de doute vaniteux.

« En haut, dans le palais du Champ Pur Le Plus Elevé,

Réside le Corps absolu, le Bouddha Porteur du Vajra,

De couleur bleue, rayonnant de lumière.»

 

Pitié que ces mots trompeurs pour guider ceux qui sont limités!

En bas, il y a le palais de Mochok à Shangpou,

Une hutte de mendiant.

La forme humaine qui y réside, rayonnante dans la fusion et la félicité,

Est celle du grand Bouddha Porteur du Vajra,

Gyagom Lèkpa Gyaltsèn.

Maître, indissociable de la Base Primordiale,

Vous apparaissez vêtu parfois du voile de la discipline tantrique cachée.

Mais les fortunés ne vous voient-ils pas comme vous êtes vraiment?

Vous êtes comme une lampe cachée dans un vase.

 

L'élan de mon karma passé ne fut pas mauvais.

Dès mon jeune âge, je compris parfaitement le Jeu de l'Illusion.

J'ai vu le Beau Visage de Ma Mère, la Dame de l'Espace,

Mais Cela ne me contenta pas: ce n'était que la Vision d'une Illusion.

Dès que j'ai vu le Visage rayonnant de Mon Père, Lèkpa Gyaltsèn,

Toutes mes hésitations disparurent d'elles-mêmes.

A partir de cette Rencontre, une Certitude Unique,

Que n'entachait aucun doute, naquit en moi et demeura inébranlable.

 

Je n'ai plus distingué la méditation et l'après-méditation.

J'ai oublié la différence entre les sessions et les pauses.

Je n'ai plus cherché à affirmer une chose, à en nier une autre.

J'ai abandonné toute partialité entre moi et autre.

Quand la Lumière de la Clarté Vide qui Pénètre Tout

Apparut dans le Miroir de ma Conscience,

J'ai su que les termes utilisés pour les analyses et les commentaires

Ne me feraient jamais défaut quand j'en aurais besoin.

 

Noble maître, si Vous n'aviez pas la Sagesse,

Comment auriez-vous transformé en Savant l'idiot que je suis?

 

Si Vous n'aviez pas la Grâce,

D'où seraient venues ma Réalisation et ma Libération?

 

Même si les Bouddhas des Trois Temps Venaient à moi,

Je n'aurais Rien à leur demander.

 

Le mouvement Naturel de Mon Esprit

Traverse l'Espace, sans trace, comme un oiseau.

La Présence Naturelle de Mon Père est Ma Méditation.

Moi qui Médite continuellement,

Je dois placer mon Esprit dans une Clarté Vive.

 

Que je m'élève ou descende, je Vous en prie, Veillez sur moi.

Le Chant de cette Prière peut être agréable à l'oreille,

Mais, lorsqu'on l'écoute dans le doute et l'hésitation,

Il n'est plus que chanson de prostituée

Charmant le cœur des ignares.

 

Ceux qui se lamentent et débitent des sottises

Font trembler le cœur des dieux et des démons sans forme.

Père, quand, de loin, je Vous appelle ardemment de l'Espace Absolu,

Votre Compassion ne vous ferait-elle pas vous mouvoir ?

Moi, le Père, et ceux qui sont devenus mes Enfants,

Frères unis dans le même Esprit,

Nous n'avons pas d'autre Objet d'Espoir

Et personne d'Autre vers qui nous tourner.

Nous vous prions de prolonger Votre Vie.

 

Ce Chant constitue un Enseignement complémentaire

qui s'inscrit dans la Pratique de la Communion avec le Maître;

Il montre que Seule la Dévotion en Esprit Parachève le Chemin Spirituel.