KYABJE BOKAR RINPOCHE

LE CHANT DU COUCOU

QUI APAISE LES TOURMENTS DE L'ESPRIT

 


 

CONSEILS POUR  MOI-MÊME  ET  POUR LES AUTRES


 

NAMO GURU BHYA.

Seigneur! L'Esprit, la Connaissance, l'Amour et le Pouvoir

Des bouddhas des Trois Temps sont en Vous;

De toutes les Familles de l'Eveil, Vous êtes l'Ame,

Vous êtes le Protecteur des Etres

 

Seigneur du Dharma, Vous êtes, pour moi, le Guide Merveilleux,

En vérité, Vous n'êtes pas différent du Glorieux Karmapa,

Souverain des Vainqueurs

 

Vous êtes Mon Maître Très Bon et devant Vous je m'incline.

En ce temps et dans d'autres vies, gardez-moi dans Votre Compassion,

Je n'ai d'autre espoir que Vous!

 

Un karma antérieur et un mérite sans faiblesse

M'ont apporté une existence précieuse, des Instructeurs Qualifiés

Et le coeur de la doctrine du Protecteur Shakyamuni :

Une Situation en Tout Point Parfaite.

Le Vrai Dharma, je ne l'ai pourtant pas pratiqué,


Ma vie, je la passe dans les distractions du moment,

Tout ce que je fais n'est que ferment de non-vertu.

Quand viendra la mort, je n'aurai que le tourment du regret.

J'y pense et me sens las.

En ces temps décadents,

multiples sont les mentalités et les comportements;

On ne sait à qui se fier, tout se dérobe!

 

Ne connaissant ni le karma ni les engagements sacrés,

Ni les scrupules ni la honte, ce n'est que conduite basse

Menant à la ruine continue de soi-même et des autres.

Les Sublimes et Indéfectibles Joyaux exceptés,

En nul Ami je n'ai trouvé d'appui certain;

Je ne saurais en personne mettre mon espoir.

Les disciples que nous sommes montrent

une conduite religieuse impeccable,

Un vaste déploiement d'activités altruistes,

Et nous prétendons porter la charge

de la doctrine théorique et pratique;

 

En fait, nous sommes salis du désir de la renommée

Et des taches laissées par les huit soucis de ce monde.

Où donc est le vrai dharma ?

 

Pleins d'orgueil, le dharma, nous le demandons et l'obtenons;

C'est bouffis de vanité que nous nous y appliquons et le pratiquons.

Notre conduite religieuse se limite à une apparence,

belle et bien ordonnée.

Comment deviendrait-elle une aspiration pérenne dans le cœur?

Ne rabaissons pas la bonté que nous devons à nous-mêmes;

Pensons plutôt à la vie parfaite des Ancêtres de la Lignée Orale!

 

Le Dharma n'a pas vraiment pénétré notre cœur.

Renoncement, Esprit d'Eveil, méditation des Divinités

Ne sont que des mots creux parés de couleurs d'arc-en-ciel;

Le moindre incident nous ramène à l'état ordinaire.

J'y pense et me sens honteux.

 

Incapables de nous libérer par une pratique réelle,

Nous voudrions libérer les autres: quelle fantaisie!

Feignant savoir, nous initions, nous exposons, nous propageons,

Alourdissant ainsi le fardeau de nos fautes et de celles des autres.

Rester oisif serait moindre dommage!

Il serait bon que j'y pense, niais que je suis!

 

Je ne puis imiter les Patriarches Kagyupas du passé

Et n'ai point l'heure de pouvoir me retirer

Dans un creux de montagne inconnu et solitaire,

De m'y consacrer à la seule pratique.

Puissé-je cependant ne pas laisser vain et sans usage

Le Suc des Instructions versé par l'Amour du Maître,

Présence Même de Tous les Seigneurs Eveillés,

Mais employer mon ardeur à les appliquer!

 

Les  quatre préliminaires communs

Encouragent l'âme et donnent de bonnes jambes

Pour  un renoncement sans délai.

Qu’Ils guident notre esprit vers le Saint Dharma!

 

Quant aux quatre préliminaires spécifiques,

Ils produisent l'achèvement des deux accumulations

et l'élimination des voiles.

Par Eux, et plus encore par la Voie Profonde de la Dévotion,

Soyons Bénis afin que le Dharma dévoile sa Fécondité!

 

Deux phrases du Sublime Véhicule Vajra,

Les instructions des moyens et de la libération,

Dissipent l'attachement aux apparences fallacieuses ordinaires.

Puission-nous obtenir en cette vie même

L’Etat des Quatres Corps, l'Union Pure

 

La Pensée sans cesse tournée vers le Maître, Ton Père,

Le Corps absolu Porteur du Vajra,

Chante la ferveur de ta Dévotion

Et attire le Courant de Sagesse de son Coeur de Diamant:

Viendra à toi l'Esprit de la Lignée de la Grâce et du Sens.

 

Gardant ton Esprit Inséparable de Celui du Maître,

Retourne ton Regard et Regarde ton Propre Esprit.

L'Esprit n'est pas existant, il est vide:

Il n'est fait ni de forme, ni de couleur, ni de matière.

Il n'est pas non plus inexistant: il fait tout apparaître.

Il est Claire Lumière, Fondement du Monde et de l'Au-Delà;

Il est plus loin que l'entendement, non composé,

Ce que les sons et les mots ne peuvent formuler;

Il est le Domaine de l'Intellection en Soi,

La Conscience Ordinaire dans sa Nudité.

Tel est le Sens de la Parole Transmise par Tous les Soutras et Tantras,

La Sève de la Pensée des Vainqueurs des Trois Temps,

Ce qu'on entend par Corps Absolu et Grand Sceau.

 

Sans rester à la théorie mise en mots, une simple indication,

Faisons-en l'Expérience par la Méditation dans la Réalité du Mode d'Etre.

Par l'Expérience, nous obtiendrons la Réalisation.

Par la Réalisation, en cette Vie nous serons Bouddha.

 

Pour cela, il nous faut une Introduction Correcte

à notre Propre Essence :

Ne concevons pas les pensées comme chose à rejeter,

Ne construisons pas délibérément une non-pensée.

Demeurons Sans Discontinuité

Dans l'ouverture de la Conscience Ordinaire,

Sans Distraction, Sans Méditation, Sans Fabrication.

Une Concentration Claire et Sans Pensées

Est la Racine de la méditation du Calme Mental.

Si tu sombres, tends-toi ; si tu t'agites, détends-toi.

Dans la Vision Supérieure, nous regardons le Mode d'Etre de l'Esprit

 

Par là, sont abolies les traces de l'Identifiable,

En nous vient la Certitude de ce qui Est:

C'est l'Union Indifférenciée, le Grand Sceau.

Nous appuyant sur les Instructions d'un Maître de La Lignée

Et sur l'Expérience de notre propre Méditation,

Il est Capital d'obtenir une Ferme Conviction.

 

La Reine des méthodes sans rivale

Est la Prière Fervente Adressée au Maître,

Jointe au sens de la précarité du monde,

Au désenchantement et à la Compassion.

Si nous savons ne pas séparer ces méthodes de la Connaissance,

Leur Union sera le meilleur moyen

De chasser les Obstacles et d'enrichir la Pratique.

Puissent disparaître les Erreurs sur le Chemin !

 

Puissions-nous parcourir d'une traite les Terres et Chemins Intérieurs,

Les douze étapes - trois paliers pour chacun des quatre degrés -

Jusqu'au grand Corps Absolu de la Non-Méditation!

Que s'Accomplisse la Grande Dynamique

des Expériences et de la Réalisation

Que les Apparences Illusoires se révèlent Sagesse!

Que les productions du Monde et de l'Au-Delà

se Purifient dans Leur Essence

Que s'effacent d'Elles-Mêmes les Marques

du Rejet et de la Construction

Que s'Epuise le Désir de Compréhension, de Méditation et d'Action!

Que se rencontrent les Claires Lumières Mère et Fille,

le Fondement et le Chemin

Qu'en Une Seule Vie soit Réalisé le Souverain Porteur du Vajra,

Essence  des Cinq Sagesses et des Quatre Corps

Qui sont  La Plénitude du Bien Propre et du Bien d'Autrui !

Que cette Aspiration Eternelle s'Accomplisse Maintenant !

Puissé-je rejoindre la Cité Royale des Pères de la Lignée Orale !

 

 

 

 

Ceci fut composé au centre de retraite

« le Joyeux Bosquet de l'Union »,

établi dans la région de Darjeeling à Mirik,

dans un lieu remarquable béni par

Le Seigneur Maitripa,

principalement à la requête de

Adzin Chotrul Rinpoché,

Fils d’une Lignée Sainte,

mais aussi des autres Lamas.


 

 

Accomplissant la retraite de trois ans:

lama Tashi Teundroup du Ladakh,

lama Tashi Wangdu de Nyishang,

lama Pourpou Tashi de Gangkar,

Lama Sangyé Dorjé, etc.

Présentant des Offrandes,

ils ont, à de nombreuses reprises,

formulé leur requête,

Me disant que Je devrais écrire un Texte

qui sous sous Forme de Chant,

exposerait les Points Principaux de la Pratique.

 

Une personne comme Moi,

dont l'Esprit n'a pas quitté l'Etat Ordinaire

ne saurait être Qualifiée pour composer

un tel Chant d'Instructions.

Néanmoins, pour ne pas décevoir

les requérants et, sans avoir pratiqué,

moi- même,me fiant uniquement à

l'Infaillible Bénédiction des Lamas Kagyupas

Détenteurs de la Lignée,

au jour du premier octobre de l'an 2002,

moi qui porte le nom de Tulkou de Bokar,

 

KARMA NGEDEUN CHEUKY LODREU,

 

j’ai écrit ce Chant dans le Centre de Retraite lui-même.

Puisse-t-il être une Source de Bienfaits

pour ceux qui m'Accordent Leur Confiance!

SARVA MANGALAM,